PORTRAITS

Farès Landoulsi Une génération qui traverse les scènes de la Méditerranée et les écrans du monde

PO4OR
13 mars 2026
3 min de lecture
Entre théâtre tunisien et écrans globaux, Farès Landoulsi incarne l’émergence d’une nouvelle mobilité artistique du Maghreb.

Chez certains acteurs la trajectoire dépasse la simple succession de rôles. Elle ressemble plutôt à un passage entre des cultures des langues et des traditions artistiques différentes. Le parcours de Farès Landoulsi s’inscrit précisément dans ce mouvement. Il appartient à une génération d’interprètes qui évoluent entre la scène méditerranéenne et l’espace audiovisuel international.

Né à Tunis Farès Landoulsi apparaît dans un moment particulier de l’histoire du cinéma et de la télévision au Maghreb. Les frontières artistiques deviennent plus ouvertes et la circulation des talents s’intensifie. L’acteur ne se limite plus à un marché national. Il traverse désormais les festivals les productions régionales et les plateformes mondiales. Cette mobilité transforme la place du comédien arabe contemporain.

Sa formation commence dans la tradition théâtrale tunisienne au sein de l’Institut supérieur d’art dramatique de Tunis. Cette étape construit les bases essentielles de son rapport au métier. Le théâtre demeure dans de nombreux pays du sud de la Méditerranée un lieu d’apprentissage exigeant. L’acteur y développe la discipline du corps la précision du texte et la capacité de tenir la scène devant le public. La scène devient un véritable laboratoire de présence.

Le parcours se poursuit ensuite à Paris dans l’école d’art dramatique Cours Florent. Cette expérience ouvre une nouvelle dimension dans sa formation. Elle place l’acteur dans un espace artistique plus large où différentes méthodes de jeu se rencontrent. Le comédien apprend à circuler entre plusieurs cultures théâtrales et plusieurs langues d’interprétation.

Cette double formation tunisienne et parisienne façonne un style particulier. Une sensibilité méditerranéenne se mêle à une technique de jeu nourrie par les écoles européennes. Le résultat reflète une transformation plus large du paysage artistique actuel. Les acteurs du Maghreb ne sont plus seulement les héritiers d’une scène locale. Ils deviennent les représentants d’un espace culturel transnational.

La filmographie de Farès Landoulsi accompagne cette évolution. On le retrouve dans plusieurs œuvres du cinéma tunisien et francophone qui explorent des récits ancrés dans la mémoire sociale et l’histoire contemporaine de la région. Le film Face à la mer met en lumière des personnages confrontés aux tensions intimes et sociales du monde méditerranéen. Le récit explore la relation complexe entre les individus leur territoire et leurs aspirations.

Le film Narcisse ouvre quant à lui une dimension plus introspective. Le personnage devient un miroir des interrogations identitaires qui traversent la jeunesse de la région. Ce type de cinéma cherche moins le spectaculaire que la profondeur humaine des personnages.

Dans Omertà l’acteur participe à une œuvre où les questions individuelles rencontrent les réalités sociales et politiques. Une partie importante du cinéma maghrébin contemporain évolue dans cet espace où l’intime dialogue avec l’histoire collective.

La trajectoire de Farès Landoulsi prend une dimension supplémentaire lorsqu’il apparaît dans la série internationale Messiah diffusée par Netflix. Cette participation symbolise l’ouverture progressive de l’industrie audiovisuelle mondiale aux acteurs issus du monde arabe. Les plateformes de streaming ont profondément modifié la géographie du cinéma et de la télévision. Elles ont créé un nouvel espace de circulation pour les récits et les visages.

La présence d’acteurs maghrébins dans ces productions internationales reflète une évolution culturelle plus large. Les artistes de la région participent désormais à un paysage audiovisuel global où les identités et les histoires traversent les frontières.

Cette ouverture internationale n’efface pourtant pas l’ancrage local. Farès Landoulsi continue de participer à des productions tunisiennes comme la série Awled El Ghoul. Ce va et vient entre scène nationale et projets internationaux caractérise de plus en plus les parcours d’acteurs de sa génération.

Ce qui rend ce type de trajectoire intéressant ne réside pas seulement dans la diversité des rôles. Il s’agit surtout d’un signe d’époque. Les artistes du Maghreb évoluent aujourd’hui dans un espace culturel méditerranéen et mondial où les influences se croisent et se transforment.

Dans ce contexte l’acteur devient une figure de passage. Il transporte avec lui une mémoire culturelle une langue et une manière d’habiter le personnage. Il s’adapte aussi à des univers narratifs différents à des productions internationales et à des publics multiples.

Farès Landoulsi appartient à cette génération pour laquelle la scène et l’écran forment désormais un même territoire artistique. Le théâtre reste l’école de la présence et de la rigueur. La caméra ouvre les portes d’un imaginaire global. Entre les deux se construit un langage d’acteur qui circule entre la Méditerranée et le monde.

Ce mouvement redéfinit progressivement la place de nombreux artistes arabes dans l’industrie audiovisuelle contemporaine. Ils ne sont plus uniquement les visages d’un cinéma régional. Ils participent à la création d’un espace culturel mondial où les histoires et les images voyagent librement.

La trajectoire de Farès Landoulsi devient ainsi le reflet d’une génération entière. Une génération qui traverse les scènes de la Méditerranée et les écrans du monde en portant avec elle de nouvelles formes de présence artistique.

Ali Al Hussien
Rédacteur en chef
PO4OR – Portail de l’Orient

Abonnez-vous à notre newsletter et restez à jour !

Abonnez-vous à notre newsletter pour les dernières actualités et les mises à jour professionnelles directement dans votre boîte de réception.

Oops! There was an error sending the email, please try again.

Super ! Maintenant, vérifiez votre boîte de réception et cliquez sur le lien pour confirmer votre abonnement.