






Lorsqu'il a tissé le chemin de son art et de sa réussite, il a décidé de raconter des histoires à travers les cordes de sa guitare… Omar Alkilani est un modèle fort et marquant pour quiconque a voulu que la musique soit une part indissociable de sa vie, et même une part qui complète la vie… Une histoire qui a commencé dès le plus jeune âge et qui a atteint aujourd'hui les plus grandes scènes du monde… Une histoire qui grandit dans sa continuité jusqu'à présent.
Omar Alkilani n'a pas abordé la musique comme un divertissement de temps libre ou seulement pour s'écouter lui-même, car sa guitare fut une amie qui l'accompagnait, une amie fidèle, à toutes les étapes qu'il a traversées, depuis Istanbul, où il avait sa place dans ses ruelles pour y faire naître la musique, puis les cafés qu'a enchantés sa musique ; cette aura artistique qui l'accompagne où qu'il se trouve l'a poussé à ouvrir son propre studio.
Nous ne nous arrêterons pas ici pour le présenter, car Omar Alkilani, lorsqu'il a commencé ses concerts en solo sur les scènes, a attiré le public parce qu'il a trouvé en lui quelqu'un qui porte des histoires et des émotions profondes, qu'il offre à travers sa musique.
Omar Alkilani, ce nom qui a commencé depuis Istanbul et s'est poursuivi jusqu'à donner des concerts dans plusieurs pays du monde, dépassant dans sa présence musicale plus de 12 pays.
Et parmi tous ces pays qu'il a visités et où il a joué, la musique tissée et accordée à tout ce qui compose la vie était sa première destination avant toute autre chose… et c'est ce que l'on ressent dans tout ce qu'il présente.
Omar Alkilani ne s'en est pas contenté, car il a voulu élargir cet espace apaisant pour l'âme et pour l'esprit, un espace qui porte tant et tant. C'est à partir de ce principe qu'il a créé un espace musical empli d'espoir et d'art, auquel il a donné le nom d'« Orchestre des Guitares Réfugiées » ; chacun des membres de cette formation était un réfugié loin de sa patrie, vivant dans un autre pays. Il ne s'agissait pas seulement de réfugiés syriens, mais aussi de réfugiés venus d'autres pays, et certains ne portaient que le sentiment de l'exil, comme s'ils étaient des exilés… Par cette grande démarche, psychologique avant d'être artistique, Omar Alkilani réalise une nouvelle patrie pour chacun de ceux qui l'ont rejoint, une nouvelle patrie qui porte l'espoir et efface le sentiment de l'exil, un espoir à travers la musique, un espace pour raconter tout ce qu'ils portent en eux à travers leurs instruments.
Omar Alkilani vise toujours à développer et à ajouter des innovations à la musique… cela a commencé par lui-même et s'est étendu à l'orchestre qui a été formé avec tout l'amour…
Et ce qui frappe chez Omar Alkilani, c'est que lorsqu'on l'écoute, l'énergie de la musique ne se limite pas aux oreilles… parce que l'on contemple un tableau artistique complet exécuté devant soi en direct, que l'on y assiste en personne ou même derrière l'écran… Vous verrez comment le corps d'Omar Alkilani se meut en accord avec chaque note… comme s'il jouait avec elle, et vous remarquerez les traits de son visage, sur lesquels se dessine ce que veut dire chaque morceau.
Vous verrez au-delà de ce que vous avez sous les yeux… vous verrez les émotions avant toute chose…
Omar Alkilani a rassemblé les étapes de la vie sous la forme de morceaux que l'on peut écouter, si bien que c'est devenu une habitude chez son public de prêter l'oreille et d'être attentif, et non pas seulement d'entendre.
Omar Alkilani arrange et compose des morceaux comme s'il reformulait les scènes de la vie à sa manière… et tout ce que l'on entend de lui ne peut être aisément rattaché à un seul lieu ; c'est la voix du monde entier.
Dans le prolongement de ces étapes de la vie, il a également lancé le film documentaire « Solo » sur la plateforme Al Jazeera Documentary. Le film raconte l'histoire de la vie d'Omar Alkilani, depuis son départ de Syrie jusqu'à son arrivée en Turquie ; et ce qui touche le plus le spectateur, c'est la manière dont Omar Alkilani regarde sa guitare… comme son unique préoccupation et son ambition dans la vie avant toute chose, au point qu'elle fut la seule chose qu'il emporta avec lui hors de Syrie… La guitare était son avenir… et nous voici aujourd'hui à contempler cet avenir qu'il a bâti et qu'il bâtit encore, à travers son amour sincère pour l'art et sa vision de la musique comme un mode de vie véritable et tangible… Le film « Solo » n'a pas été le seul à traiter cette idée, car plusieurs films ont abordé des sujets similaires au sujet d'Omar Alkilani, dont la série documentaire « I am Istanbullu », produite par la plateforme turque Gain TV, qui a présenté l'histoire d'Omar Alkilani dans son tout premier épisode.
Sous un autre angle, très proche, la voix d'Omar Alkilani a voulu se montrer solidaire de sa musique pour chanter, formant ainsi un bloc entier d'art…
D'un autre côté, Omar Alkilani laisse apparaître l'idée qu'il aborde la musique comme une science… au point de nommer son nouvel album « Guitarology », c'est-à-dire la science de la guitare…
Et bien que la guitare soit associée à son image musicale, il maîtrise aussi le jeu du oud ; mais la guitare conserve la plus grande place dans son parcours et demeure l'élément essentiel qui participe à son image.
Omar Alkilani a collaboré avec de nombreux noms, transmettant le message que l'art rassemble les gens dans leurs différences et que la musique est un lien vital entre nous… et c'est ce qui a élargi cette idée, au point qu'elle a pris une part de son temps pour enseigner la musique dans les instituts de musique.
L'expérience artistique d'Omar Alkilani se classe aussi comme un acte intellectuel et comme un projet visant à dessiner la vie avec une voix dont l'empreinte ne peut être dépassée, une voix que quiconque l'entend peut comprendre et ressentir, comme si tout ce que joue Omar Alkilani se traduisait dans toutes les langues du monde… formant un état artistique à l'effet durable.
Sidra Assi