La force n’est pas toujours visible. Elle ne se manifeste pas nécessairement dans l’instant spectaculaire ni dans la performance isolée. Elle se construit ailleurs, dans la durée, dans la répétition, dans la capacité à maintenir un cap lorsque l’attention médiatique se déplace. Le parcours de Sonia Haboub s’inscrit précisément dans cette géographie exigeante : celle d’une force pensée, structurée et assumée comme un projet de vie.
À rebours des récits héroïques simplifiés, Sonia Haboub ne s’impose ni par le récit d’un exploit unique ni par une narration fondée sur la rupture ou la revanche. Sa trajectoire se distingue par une cohérence rare, où le corps, le savoir et la discipline évoluent de concert. Chez elle, le sport ne relève pas du dépassement ponctuel, mais d’une organisation minutieuse du quotidien, d’un rapport conscient à l’effort et à la responsabilité qu’implique toute performance durable.
Née dans le nord de l’Italie, élevée au cœur du Piémont, Sonia Haboub grandit dans un environnement façonné par la montagne, la nature et une culture du mouvement ancrée dans le réel. Loin de l’imaginaire urbain de la performance accélérée, son rapport au corps s’est construit très tôt dans le plein air, au contact des éléments, des animaux et d’un mode de vie attentif à l’essentiel. Cette matrice originelle marque durablement son approche de l’effort : sobre, fonctionnelle, exigeante.
Très jeune, le sport devient un langage quotidien. Équitation, danse classique, patinage artistique, puis tennis à haut niveau : l’apprentissage est multiple, mais toujours structuré. Le tennis, qu’elle pratique de manière compétitive jusqu’après l’université, forge chez elle une culture de la rigueur, de la répétition et de la stratégie. Rien n’y est laissé au hasard. Cette discipline mentale, souvent invisible, constitue l’un des fondements de son parcours ultérieur.
Parallèlement, Sonia Haboub construit un itinéraire académique dense, à la mesure de son exigence personnelle. Double licence en commerce international, marketing interculturel et civilisation mondiale, puis double master en affaires internationales et géopolitique, avant un doctorat consacré à l’impact de la communication nutritionnelle sur les comportements alimentaires des jeunes générations. Ce socle intellectuel n’est jamais décoratif. Il irrigue en profondeur sa vision du corps, de la performance et de la transmission.
C’est là que se joue l’un des traits les plus singuliers de son profil : la capacité à articuler science, pratique et expérience vécue. Là où nombre d’athlètes séparent l’entraînement du discours, Sonia Haboub intègre pleinement les mécanismes physiologiques, hormonaux et psychologiques à sa pratique sportive. La nutrition holistique, loin d’un dogme ou d’une tendance, devient chez elle un outil d’équilibre et de longévité.
Depuis une dizaine d’années, son parcours professionnel traverse plusieurs secteurs luxe, logistique maritime, relations institutionnelles, agriculture biologique, recherche universitaire tout en conservant une constante : la mobilité. Études, travail et compétitions l’amènent à vivre et intervenir dans plus de trente pays, à voyager dans près d’une centaine, et à évoluer dans des contextes culturels radicalement différents. Cette circulation permanente façonne un regard ouvert, précis, rarement idéologique.
Sur le plan sportif, la transition vers l’endurance s’opère progressivement. La course à pied s’impose comme une évidence, avant de devenir centrale. Ces dernières années, elle s’y engage pleinement, avec une discipline quotidienne rigoureuse. Lever avant l’aube, première séance à l’aube, journée professionnelle dense, second entraînement en fin de journée. Le week-end, les compétitions s’enchaînent, locales comme internationales. En 2024, elle relève un nouveau défi en intégrant le triathlon à son parcours, ajoutant la natation et le cyclisme à un programme déjà exigeant.
Rien, pourtant, n’est idéalisé. Les contraintes climatiques, notamment dans les pays du Golfe, les variations hormonales liées à l’entraînement mixte endurance/vitesse, la gestion du poids et du cortisol font partie des réalités qu’elle aborde sans détour. Là encore, l’approche est méthodique : adaptation des charges, ajustements nutritionnels, écoute du corps. La performance n’est jamais obtenue au prix de la rupture.
Ce rapport lucide à l’effort explique sans doute la place qu’occupe aujourd’hui Sonia Haboub dans l’écosystème sportif et médiatique international. Son influence ne repose pas sur la mise en scène d’un corps idéalisé, mais sur une parole cohérente, incarnée, construite dans le temps long. Depuis 2012, elle utilise les réseaux sociaux comme un espace de partage authentique, mêlant entraînement, voyages, moments de doute et réflexions personnelles. Loin de l’esthétique lisse, elle privilégie la continuité et la sincérité.
Cette posture lui vaut une reconnaissance institutionnelle croissante. Nommée Influential Fitness Woman of the Year 2025, elle incarne un modèle alternatif dans un univers saturé d’images rapides et de récits simplifiés. Un modèle où la force n’est ni genrée ni réduite à une performance chiffrée, mais envisagée comme une capacité à durer, à transmettre et à s’adapter.
La transmission, justement, constitue l’un des axes majeurs de son engagement actuel. Enseignante universitaire, conférencière, ambassadrice sportive, Sonia Haboub envisage les prochaines années comme un temps de structuration collective. Parmi ses projets figure la création de clubs sportifs universitaires, pensés comme des espaces d’apprentissage, de pratique et de partage, notamment à destination des jeunes générations locales. Une manière de replacer le sport dans un cadre éducatif et social durable.
Son discours à destination des femmes se distingue par sa sobriété. Pas d’injonction, pas de modèle unique. Elle insiste sur la progression individuelle, l’écoute du corps, la constance plutôt que la pression. La santé, rappelle-t-elle, n’est pas un objectif ponctuel mais un chemin. L’activité physique, une composante essentielle du quotidien, au même titre que le soin de soi et des autres.
Dans un monde obsédé par l’instantanéité, le parcours de Sonia Haboub rappelle une évidence souvent oubliée : la véritable force ne se proclame pas, elle s’organise. Elle se construit dans le temps, s’entretient par la discipline, s’éclaire par le savoir. Et surtout, elle se transmet.
Rédaction — Bureau de Paris