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AREEJ SLEEM
PORTRAIT ÉDITORIAL
PORTRAITS

AREEJ SLEEM

L’ART DE DONNER UNE VOIX À L’EXCELLENCE

24 octobre 2026 · 8 min read

« Le véritable talent ne consiste pas seulement à raconter l’exploit, mais à en révéler le sens. »

Il est des voix que l’on reconnaît sans nécessairement mesurer tout ce qu’elles portent. Des présences qui accompagnent les événements, traversent les écrans et s’inscrivent progressivement dans la mémoire du public. Mais au-delà de la visibilité, une autre forme de reconnaissance existe, plus exigeante et plus durable : celle qui naît de la connaissance, de la maîtrise et de la capacité à donner du sens à ce que l’on raconte.

C’est dans cet espace, entre la parole et la compréhension, que se dessine le parcours d’Areej Sleem.

Journaliste et présentatrice libanaise au sein de beIN SPORTS, elle appartient à cette génération de professionnelles arabes qui ne considèrent plus la télévision comme une simple scène d’exposition, mais comme un territoire de responsabilité intellectuelle. Un espace où l’image peut attirer le regard, sans jamais devoir se substituer à la substance.

Son parcours ne se résume ni aux compétitions qu’elle accompagne, ni aux plateaux qu’elle anime, ni à la place qu’elle occupe dans l’univers médiatique sportif. Il révèle une relation plus profonde à la profession : celle d’une femme qui a choisi de faire de sa passion un langage, de sa curiosité une discipline et de sa présence une expression de compétence.

LA CONNAISSANCE COMME PREMIÈRE FORME D’ÉLÉGANCE

À la télévision, l’image peut ouvrir une porte. Elle ne suffit pourtant jamais à construire une légitimité.

La véritable présence médiatique se façonne ailleurs : dans la préparation silencieuse, la précision d’une question, la capacité à comprendre les enjeux d’une rencontre et cette intelligence particulière qui permet de conduire une conversation sans chercher à en devenir le centre.

Chez Areej Sleem, cette dimension constitue une clé de lecture essentielle.

Son expérience s'est construite à la rencontre de plusieurs disciplines sportives, de l’information à l’analyse, de la présentation à la conduite des échanges. Une diversité qui impose bien davantage qu’une aisance devant la caméra. Elle exige de comprendre des univers possédant chacun leurs codes, leurs tensions, leurs stratégies et leur propre manière de raconter l’effort humain.

Car le journalisme sportif ne consiste pas seulement à commenter une victoire ou à constater une défaite. Il suppose de percevoir ce qui précède le résultat, ce qui se joue derrière les gestes et ce que l’intensité d’une compétition révèle de celles et ceux qui y participent.

La performance devient alors une matière journalistique. Et la parole, lorsqu’elle est portée par une connaissance véritable, acquiert une profondeur que la seule visibilité ne saurait lui offrir.

LE TENNIS, OU L’INTELLIGENCE DU SILENCE

Certaines passions précèdent les choix professionnels. Elles habitent une personnalité avant même que celle-ci ne trouve le langage dans lequel les exprimer.

Pour Areej Sleem, le tennis appartient à cet univers intime.

Son attachement à cette discipline ne relève pas uniquement d’une spécialisation acquise au fil de son travail. Il trouve ses racines dans une relation personnelle au sport, dans une fascination pour une pratique où la précision du geste rencontre la résistance mentale, où l’équilibre intérieur devient parfois aussi déterminant que la puissance physique.

Le tennis possède une esthétique singulière.

Il est fait de mouvements et de silences, d’attente et d’accélération, de solitude et d’affrontement. Chaque échange peut modifier une trajectoire. Chaque hésitation peut transformer une certitude en fragilité.

Mais surtout, il rappelle que la maîtrise ne consiste pas à éliminer la pression : elle consiste à apprendre à évoluer avec elle.

Cette philosophie trouve un écho particulier dans le travail audiovisuel.

Sur un plateau en direct, comme sur un court, la préparation précède l’instant décisif. Le temps impose son rythme. L’imprévu exige une réponse. Et la véritable assurance se mesure moins à ce que l’on montre qu’à ce que l’on parvient à maîtriser.

Il existe ainsi, entre la discipline sportive et l’exigence journalistique, une proximité qui donne au parcours d’Areej une cohérence particulière.

NE PAS FAIRE DE SA DIFFÉRENCE UNE FRONTIÈRE

L’histoire des femmes dans le journalisme sportif a souvent été racontée à travers les obstacles qu’elles ont dû franchir pour accéder à des espaces longtemps associés aux hommes.

Cette lecture demeure nécessaire. Elle devient cependant insuffisante lorsqu’elle enferme les professionnelles dans une identité fondée exclusivement sur leur différence.

Car une femme ne devrait pas avoir à justifier indéfiniment sa présence là où ses compétences lui donnent toute légitimité.

Areej Sleem a choisi de s’orienter vers le journalisme sportif en ayant conscience de la place encore limitée qu’y occupaient certaines voix féminines arabes. Ce choix possède une portée particulière, mais sa signification ne saurait être réduite à une simple conquête de visibilité.

L’essentiel se trouve dans ce qui vient après.

Apprendre. Se préparer. Développer une expertise. Assumer la complexité des sujets. Construire une relation de confiance avec un public qui attend d’abord de l’information, de la pertinence et de la crédibilité.

La féminité n’a pas à disparaître derrière la compétence. Elle n’a pas davantage vocation à en devenir le principal argument.

C’est précisément dans cette liberté que réside une forme contemporaine d’émancipation : pouvoir exister pleinement dans sa profession sans être constamment ramenée à ce qui distingue son identité de celle des autres.

L’enjeu n’est plus seulement d’occuper une place.

Il est de lui donner une signification.

L’ART DE CONDUIRE SANS DOMINER

Présenter une émission et conduire un dialogue relèvent de deux exigences complémentaires, mais profondément différentes.

La présentation suppose la maîtrise de la parole. La conduite d’un échange exige aussi celle de l’écoute.

Dans les studios d’analyse sportive, où se rencontrent des spécialistes, des expériences et des interprétations parfois divergentes, le rôle de la journaliste ne consiste pas à multiplier les interventions. Il est de créer les conditions dans lesquelles les idées deviennent accessibles, les arguments compréhensibles et les désaccords constructifs.

C’est une forme d’autorité discrète.

Une autorité qui ne cherche pas à occuper tout l’espace, mais à lui donner une structure.

Le parcours d’Areej au sein de beIN SPORTS, notamment à travers la présentation et l’animation de programmes consacrés à de grandes compétitions internationales, permet de mesurer l’importance de cette dimension professionnelle.

Le direct ne pardonne ni l’impréparation ni la confusion. Il oblige à conjuguer rapidité et discernement, spontanéité et rigueur, proximité avec le public et distance journalistique.

Il rappelle également une vérité essentielle : la crédibilité ne se décrète pas. Elle se construit dans la continuité, à travers une succession de décisions parfois imperceptibles, mais déterminantes pour la qualité de l’information.

Dans cette perspective, le plateau de télévision cesse d’être un simple décor.

Il devient un espace où s’exerce une responsabilité.

UNE VOIX ARABE DANS UN LANGAGE UNIVERSEL

Née d’une sensibilité journalistique façonnée au Liban, l’expérience professionnelle d’Areej Sleem s’inscrit aujourd’hui dans un environnement médiatique dont l’audience dépasse largement les frontières nationales.

Ce déplacement ne raconte pas seulement une trajectoire géographique.

Il évoque la capacité d’une professionnelle à inscrire son identité culturelle dans un espace international sans la réduire à une appartenance figée.

Le sport possède, à cet égard, une force particulière.

Il traverse les langues, les origines et les différences. Il réunit des publics qui ne partagent pas nécessairement les mêmes références, mais reconnaissent immédiatement la beauté d’un geste, la tension d’une confrontation ou l’émotion d’un accomplissement.

Le journalisme sportif devient alors un lieu de traduction culturelle.

Non pas simplement parce qu’il raconte des événements mondiaux à un public arabe, mais parce qu’il participe à une conversation universelle sur l’effort, l’excellence, la persévérance et les limites que l’être humain cherche continuellement à dépasser.

Dans cet univers, une voix venue du monde arabe peut occuper une place qui ne dépend ni de son origine ni de son genre, mais de sa capacité à éclairer ce langage commun.

C’est aussi dans cette perspective que le parcours d’Areej trouve un écho naturel à Paris, ville où les expressions culturelles, les sensibilités et les disciplines se rencontrent pour produire de nouvelles lectures du monde.

L’AMBITION DE NE JAMAIS SE RÉPÉTER

La réussite professionnelle comporte parfois un paradoxe.

À mesure qu’une personne acquiert une reconnaissance, elle peut être tentée de préserver ce qui fonctionne, de reproduire les mêmes gestes et de transformer l’expérience en territoire de confort.

Mais certaines trajectoires se distinguent précisément par leur refus de considérer l’acquis comme un aboutissement.

Areej Sleem a exprimé son ambition d’évoluer davantage vers l’analyse spécialisée du football, un domaine où la connaissance tactique, la lecture du jeu et l’autorité de l’interprétation occupent une place centrale.

Au-delà de l’objectif lui-même, cette aspiration révèle une conception exigeante du développement professionnel.

Il ne s’agit plus seulement de présenter le sport, mais d’approfondir les outils qui permettent de l’interpréter.

De passer de la maîtrise du récit à une connaissance toujours plus spécialisée de son objet.

Cette volonté de progression mérite une attention particulière, car elle touche à une question fondamentale : que signifie continuer à grandir lorsque l’on possède déjà une place reconnue ?

Peut-être simplement refuser de confondre l’expérience avec la certitude.

Accepter que chaque étape ouvre un nouveau champ d’apprentissage. Comprendre que l’expertise n’est pas une position définitive, mais une discipline intellectuelle qui se renouvelle.

Et préserver, derrière la maîtrise acquise, cette curiosité qui constitue l’une des qualités les plus précieuses du métier de journaliste.

AU-DELÀ DE L’IMAGE, LA PERMANENCE D’UNE EMPREINTE

Notre époque accorde une place immense à la visibilité.

Les images circulent, les voix se succèdent, les événements se remplacent à une vitesse qui laisse parfois peu d’espace à la mémoire.

Dans ce mouvement permanent, la reconnaissance médiatique peut devenir aussi spectaculaire que fragile.

Ce qui demeure ne dépend pourtant pas uniquement de la fréquence d’une apparition ou de l’importance d’une audience.

Il existe une autre forme de présence, moins immédiate, qui se construit dans la qualité du travail et dans la confiance que celui-ci inspire.

C’est à cette échelle que le parcours d’Areej Sleem mérite d’être observé.

Non comme une succession de rendez-vous télévisuels, mais comme l’expression d’un rapport à la profession dans lequel la passion, la connaissance et l’ambition cherchent à se rejoindre.

Une trajectoire qui interroge également la place des femmes arabes dans les médias contemporains, non plus seulement à travers leur accès à la visibilité, mais à travers leur capacité à participer pleinement à la production du savoir et de l’analyse.

Car l’avenir de la représentation ne se joue pas uniquement devant les caméras.

Il se joue dans la reconnaissance des compétences, dans l’accès aux responsabilités intellectuelles et dans la liberté de ne pas être définie par une seule dimension de son identité.

Areej Sleem incarne ainsi une réflexion plus vaste sur la manière dont une personnalité médiatique peut dépasser son image pour construire une véritable signature professionnelle.

Une signature qui ne cherche pas nécessairement à s’imposer par le bruit, mais par la précision.

Qui ne transforme pas la connaissance en démonstration, mais en partage.

Et qui rappelle que l’élégance la plus durable d’une présence publique réside peut-être dans sa capacité à rester fidèle à l’essentiel.

À travers le regard de Portail de l’Orient, Areej Sleem apparaît comme une voix qui accompagne l’excellence sportive tout en cherchant à en révéler la profondeur. Une journaliste dont le parcours invite à regarder au-delà de l’écran, là où la passion devient connaissance, où la parole devient responsabilité et où la véritable réussite ne consiste plus seulement à être vue, mais à apporter une manière singulière de comprendre le monde.

PORTAIL DE L’ORIENT — PARIS

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