Dans un monde économique traversé par des crises systémiques, où la performance ne peut plus se mesurer uniquement à l’aune de la croissance ou de l’innovation technologique, certaines trajectoires s’imposent par leur capacité à articuler la pensée, l’action et la responsabilité. Le parcours de Dima Rachid Jamali s’inscrit pleinement dans cette géographie exigeante, où le leadership ne se réduit ni à une fonction hiérarchique ni à une visibilité médiatique, mais se construit comme un travail de fond, au croisement du savoir académique, de la gouvernance et de l’engagement sociétal.

Vice-présidente des affaires académiques au sein d’une université internationale implantée à Dubaï, Dima Rachid Jamali incarne une figure de leadership qui refuse la dissociation entre le monde de l’éducation et celui de l’économie réelle. Chez elle, l’université n’est pas une tour d’ivoire, mais un acteur stratégique, appelé à former des décideurs capables de penser la complexité, d’assumer leurs responsabilités et d’inscrire leurs choix dans une temporalité durable. Cette vision irrigue l’ensemble de son action, bien au-delà des cadres institutionnels classiques.

Son approche du leadership académique se distingue par une compréhension fine des mutations contemporaines. Elle observe avec lucidité la transformation des organisations, l’émergence de nouvelles attentes sociétales et la remise en question des modèles traditionnels de gouvernance. Dans ce contexte, son travail consiste moins à reproduire des schémas établis qu’à interroger leurs limites, à les adapter et, parfois, à les dépasser. L’enseignement supérieur devient alors un laboratoire stratégique, où se fabrique une nouvelle grammaire du pouvoir économique et managérial.

Cette posture intellectuelle se prolonge naturellement dans son engagement au sein des réseaux internationaux liés à la durabilité et à la responsabilité sociale. À la tête du Global Compact Network au Liban, elle participe activement à la diffusion des principes qui visent à réconcilier performance économique, éthique des affaires et impact social. Loin d’un discours normatif ou incantatoire, son action s’appuie sur une lecture rigoureuse des contraintes auxquelles font face les entreprises, notamment dans des contextes régionaux fragilisés par l’instabilité politique et économique.

Ce qui singularise son parcours, c’est précisément cette capacité à tenir ensemble des sphères souvent perçues comme antagonistes : le monde académique et celui de l’entreprise, la recherche et l’action, la réflexion théorique et la prise de décision concrète. Pour Dima Rachid Jamali, la responsabilité sociale n’est ni un supplément d’âme ni un outil de communication, mais un cadre structurant, appelé à transformer en profondeur les modes de gouvernance et les pratiques managériales.

Les reconnaissances internationales qui jalonnent son itinéraire ne relèvent pas d’une logique de distinction personnelle, mais viennent consacrer un travail de long terme. Être distinguée parmi les leaders inspirants à l’échelle mondiale ou recevoir des prix académiques de référence témoigne de la portée de ses recherches et de l’impact réel de son engagement. Ces distinctions soulignent la cohérence d’un parcours qui s’inscrit dans la durée, loin des effets de mode et des récits de réussite instantanée.

Son discours sur le leadership se caractérise par une sobriété rare. Elle ne promet pas des solutions miracles, n’érige pas la résilience en slogan creux et ne confond pas transformation et disruption permanente. Elle insiste, au contraire, sur la nécessité de construire des organisations capables d’apprendre, de se remettre en question et d’assumer leurs responsabilités face aux sociétés qu’elles influencent. Cette vision, exigeante et parfois inconfortable, tranche avec les narratifs dominants de la performance à court terme.

Dans l’espace économique du Moyen-Orient, où les enjeux de diversification, de capital humain et de durabilité sont devenus centraux, sa voix occupe une place singulière. Elle apporte une lecture informée, ancrée dans la recherche, mais attentive aux réalités du terrain. Elle rappelle que l’investissement le plus stratégique reste celui qui concerne les femmes et les hommes, leur formation, leur capacité à penser le monde dans lequel ils évoluent et à y agir avec discernement.

Le leadership, tel qu’elle le conçoit, ne se manifeste pas dans la domination ou la posture d’autorité, mais dans la capacité à créer des cadres de sens, à aligner les valeurs et les pratiques, et à favoriser des dynamiques collectives responsables. Cette conception, profondément contemporaine, résonne avec les attentes d’une nouvelle génération de décideurs, de plus en plus conscients des limites des modèles économiques traditionnels.

À travers ses fonctions académiques, ses engagements institutionnels et ses interventions publiques, Dima Rachid Jamali contribue à redéfinir les contours du leadership dans un monde incertain. Elle incarne une figure de transition, à la fois héritière des grandes traditions du savoir et actrice d’une transformation nécessaire des organisations. Son parcours rappelle que le véritable pouvoir économique ne réside pas uniquement dans les chiffres ou les structures, mais dans la capacité à penser, à relier et à assumer les conséquences de ses choix.

Dans un paysage souvent saturé de discours performatifs, sa trajectoire impose une autre temporalité : celle du travail intellectuel rigoureux, de l’engagement responsable et de la cohérence entre la parole et l’action. Une trajectoire qui trouve naturellement sa place au cœur d’une page Business attentive aux mutations profondes du monde contemporain.

Rédaction : Bureau de Dubaï – PO4OR