






Le parcours d’Ilhem Sghayer ne se résume ni à une succession de postes ni à une trajectoire linéaire entre la Tunisie et Dubaï. Il témoigne avant tout d’une évolution professionnelle construite dans la durée, au croisement du journalisme, de la présentation, de la production de contenu et de l’entrepreneuriat.
Formée au journalisme et aux sciences de l’information, elle aborde l’univers médiatique par ses fondements les plus exigeants : la recherche de l’information, la préparation, la responsabilité éditoriale et la maîtrise de la parole publique. Cette formation constitue le socle de son identité professionnelle et demeure le fil conducteur de son parcours.
La télévision devient pour elle un terrain d’apprentissage structurant. Elle y acquiert la discipline du direct, la précision du langage, la nécessité de l’anticipation et l’importance de la crédibilité. Elle comprend également que la présence à l’écran n’est jamais une finalité en soi. Derrière chaque intervention se trouvent un travail éditorial, une recherche, une hiérarchisation de l’information et une compréhension précise du public auquel le contenu est destiné.
Cette exigence journalistique accompagne ensuite chacune des étapes de son évolution.
Un départ porté par l’ambition professionnelle
Lorsque Ilhem Sghayer quitte la Tunisie pour Dubaï, elle entre dans un marché médiatique plus vaste, plus concurrentiel et fortement tourné vers l’international. Ce déplacement représente un changement de cadre, mais également un changement d’échelle.
Dubaï lui impose de comprendre de nouveaux codes professionnels, de s’adapter à des environnements multiculturels et de faire évoluer ses méthodes de travail. Dans un secteur où les profils sont nombreux et la concurrence permanente, elle consolide sa place par la constance, la capacité d’apprentissage et l’élargissement progressif de ses compétences.
Son parcours se développe alors entre journalisme, présentation et production de contenu. Sur ce dernier point, la distinction est essentielle : Ilhem Sghayer exerce comme productrice de contenu pour différentes chaînes et plateformes. Son rôle ne relève ni de la production financière ni de la production exécutive d’émissions télévisées. Il s’inscrit dans une démarche éditoriale et créative consistant à concevoir, préparer et adapter des contenus à plusieurs formats, supports et audiences.
Cette expérience lui permet d’acquérir une compréhension plus globale du fonctionnement des médias. Elle ne se situe plus uniquement devant la caméra. Elle intervient également dans les étapes qui précèdent la diffusion : le choix de l’idée, la définition de l’angle, la structuration du contenu, le ton et la manière dont celui-ci doit être présenté au public.
Le défi du passage au digital
L’un des tournants majeurs de sa trajectoire réside dans le passage du média traditionnel vers le digital.
Cette transition ne consiste pas simplement à changer de plateforme. Elle oblige à repenser la manière de produire, de raconter et d’interagir avec le public.
La télévision traditionnelle repose sur des formats établis, une programmation structurée et une relation relativement verticale entre le média et le spectateur. Le digital répond à une logique différente. Il impose la rapidité, la flexibilité, la diversité des formats et une adaptation constante aux nouveaux usages.
Pour Ilhem Sghayer, cette transformation représente un véritable défi professionnel.
Elle doit évoluer dans un environnement où les contenus circulent plus rapidement, où les formats se renouvellent en permanence et où le public devient lui-même acteur de la diffusion. Il commente, partage, critique et participe directement à la construction de la visibilité.
Dans cet écosystème, le journaliste ou le présentateur ne peut plus se contenter de maîtriser son sujet et son intervention à l’écran. Il doit comprendre les plateformes, anticiper les réactions, adapter le rythme du récit et préserver une cohérence éditoriale malgré la pression de l’instantanéité.
Ilhem Sghayer choisit d’accompagner cette mutation plutôt que de la subir.
Elle transpose vers les nouveaux médias les fondamentaux acquis dans le journalisme traditionnel : vérification, préparation, clarté du message et responsabilité du contenu. Parallèlement, elle développe les compétences propres à l’environnement numérique : souplesse, diversité des formats, proximité avec l’audience et capacité à concevoir un contenu destiné à circuler sur plusieurs canaux.
Cette évolution marque une étape déterminante de son parcours. Elle devient une professionnelle capable de travailler à la fois dans l’univers traditionnel et dans l’écosystème digital, sans renoncer à la même exigence de fond.
Une identité professionnelle devenue plurielle
Au fil des années, son profil s’élargit.
Ilhem Sghayer n’est plus seulement journaliste ou présentatrice. Elle devient également productrice de contenu, communicante et entrepreneure. Ces fonctions ne s’opposent pas. Elles se complètent et reposent sur une même compétence centrale : construire un message crédible et savoir le porter vers le public auquel il s’adresse.
Son expérience devant la caméra lui permet de comprendre les attentes des médias et les exigences de la prise de parole publique. Son travail dans la production de contenu lui donne une vision plus complète du processus éditorial. Son passage vers le digital renforce sa capacité d’adaptation et sa compréhension des nouvelles formes de diffusion.
C’est à partir de cette accumulation d’expériences qu’émerge le projet de créer sa propre agence.
The Connect, un projet développé en parallèle
La création de The Connect ne représente pas une rupture avec le métier de journaliste. Elle constitue au contraire une extension de l’expérience acquise par Ilhem Sghayer dans les médias, le contenu et la communication.
Elle développe son agence en parallèle de son activité professionnelle. Cette double trajectoire est importante : son passage à l’entrepreneuriat ne s’est pas construit par l’abandon du journalisme, mais par l’élargissement progressif de son territoire professionnel.
The Connect intervient dans la communication, les relations publiques, la stratégie de contenu et la construction de réputation. L’agence répond à une réalité qu’Ilhem Sghayer a observée au cours de son parcours : de nombreuses personnalités, entreprises ou institutions disposent d’une expérience solide, d’un projet pertinent ou d’une véritable expertise, mais peinent à les traduire en un message clair et accessible.
Certaines possèdent une valeur professionnelle réelle sans parvenir à la rendre visible. D’autres bénéficient déjà d’une exposition importante, mais manquent d’un positionnement cohérent ou durable. Dans les deux cas, la communication ne peut se limiter à multiplier les apparitions médiatiques.
Elle doit organiser le discours, clarifier le positionnement et construire une relation crédible avec le public.
C’est ici que l’expérience journalistique d’Ilhem Sghayer prend toute sa valeur. Elle sait qu’un récit crédible doit toujours s’appuyer sur une réalité, une expertise et une vision clairement identifiables. Son rôle consiste à structurer cette matière, à la rendre compréhensible et à l’inscrire dans une stratégie de long terme.
Deux expériences entrepreneuriales avant The Connect
Le chemin entrepreneurial d’Ilhem Sghayer ne s’est pas construit immédiatement.
Avant la création de The Connect, elle a lancé deux projets qui n’ont pas abouti. Ces expériences ne concernaient ni sa carrière de journaliste ni son activité de présentatrice. Elles relevaient exclusivement de ses premières initiatives entrepreneuriales.
À cette période, elle manquait encore d’expérience dans ce domaine et évoluait dans un contexte qui n’était pas suffisamment favorable à la réussite de ces projets. Ces tentatives lui ont néanmoins permis de mieux comprendre les exigences de l’entrepreneuriat : la gestion, le choix du moment, la lecture du marché, la solidité du modèle économique et la nécessité de réévaluer certaines décisions.
L’intérêt de cette étape réside moins dans l’échec que dans la manière dont elle a su l’utiliser.
Ces deux projets sont devenus des expériences d’apprentissage. Ils lui ont permis de progresser, de remettre en question ses méthodes et de mieux préparer la création de The Connect.
Cette distinction est essentielle pour comprendre son itinéraire. Son évolution dans le journalisme et les médias demeure cohérente et continue. Les difficultés rencontrées appartiennent à la construction de ses premiers projets entrepreneuriaux, dans un domaine où elle devait acquérir de nouvelles compétences et de nouveaux réflexes.
Compétence, visibilité et regard professionnel
Comme de nombreuses femmes exerçant dans des métiers de forte visibilité, Ilhem Sghayer a parfois été confrontée à une perception générale selon laquelle une femme au physique agréable peut être davantage jugée sur son apparence que sur ses compétences.
Cet aspect existe dans son parcours, mais il n’en constitue ni le principal moteur ni l’angle central.
Il ne s’agit pas d’un combat individuel autour duquel elle souhaite aujourd’hui définir son identité professionnelle. Elle considère cette étape comme dépassée. Le sujet conserve toutefois une portée collective, car les femmes travaillant dans les métiers de l’image continuent parfois à être évaluées selon des critères qui ne reflètent ni leur formation ni leur expertise.
Dans le cas d’Ilhem Sghayer, la réponse est venue avant tout de la continuité du travail. La durée de son parcours, sa capacité d’adaptation et l’élargissement de ses responsabilités ont progressivement recentré le regard sur ce qui constitue réellement sa valeur : ses compétences journalistiques, sa connaissance des médias, son expérience dans la production de contenu et sa capacité à bâtir un projet entrepreneurial.
De journaliste à entrepreneure, sans renoncer au métier
Aujourd’hui, Ilhem Sghayer incarne un profil représentatif des transformations contemporaines du secteur médiatique.
Elle appartient à une génération de professionnels qui ne se limitent plus à une seule fonction. Elle peut être journaliste, présentatrice, productrice de contenu et entrepreneure sans que ces identités se contredisent.
Au contraire, chacune renforce les autres.
Le journalisme lui apporte la rigueur. La présentation lui donne la maîtrise de la parole et de la relation au public. La production de contenu lui permet de comprendre la fabrication éditoriale dans son ensemble. Le digital développe sa capacité d’adaptation. L’entrepreneuriat lui offre enfin l’espace nécessaire pour transformer son expérience en projet indépendant.
Son parcours montre ainsi que la transition du média traditionnel vers le digital ne signifie pas la disparition des fondamentaux du métier. Elle exige plutôt de les adapter, de les prolonger et parfois de les réinventer.
Ilhem Sghayer n’a pas quitté le journalisme pour la communication. Elle a élargi son territoire professionnel.
Elle est passée de la transmission de l’information à la conception de contenus, puis de la construction de messages à la création d’une agence capable d’accompagner d’autres acteurs dans le développement de leur visibilité et de leur crédibilité.
C’est dans cette continuité que réside la cohérence de sa trajectoire.
Il ne s’agit pas seulement de devenir visible, mais de comprendre comment la visibilité se construit, comment elle se transforme en crédibilité et comment cette crédibilité peut produire une influence durable.
Avec The Connect, Ilhem Sghayer prolonge ainsi le métier qu’elle a choisi dès le départ : travailler sur les récits, les rendre accessibles et leur donner une place dans l’espace public.
La différence est qu’aujourd’hui, elle ne se contente plus de participer à leur diffusion.
Elle contribue également à leur conception.