L’inauguration des Studios Al Hosn – Big Time marque une étape structurante dans la recomposition technologique de l’industrie audiovisuelle arabe. L’événement, qui s’est tenu en présence d’un large éventail de producteurs, de réalisateurs et de figures majeures du cinéma et de la télévision, dépasse largement le cadre d’une ouverture institutionnelle. Il s’inscrit dans une dynamique plus profonde : celle de la constitution d’écosystèmes de production capables de rivaliser, sur le plan technique, avec les standards internationaux.

Dès l’entrée sur le site, la visite guidée organisée par les responsables des studios a donné le ton. Il ne s’agissait pas seulement de présenter des plateaux de tournage, mais de dévoiler une vision intégrée de la production audiovisuelle, où chaque maillon — de la prise de vue à la fabrication des décors — est pensé comme un levier stratégique de souveraineté technologique.

Des infrastructures conçues pour les productions à forte exigence technique

Les studios Al Hosn – Big Time se distinguent par l’ampleur et la cohérence de leurs installations. Les plateaux, modulables et de grande capacité, sont équipés des caméras parmi les plus avancées au monde, répondant aux exigences des tournages cinéma et séries haut de gamme. Cette montée en gamme technologique permet d’accueillir des productions complexes sans dépendre de solutions importées ou de tournages à l’étranger.

L’un des éléments les plus marquants de la visite réside dans la qualité des espaces dédiés aux scènes d’action et aux effets visuels. Les installations de chroma key, pensées pour les séquences à haute intensité visuelle, témoignent d’un niveau de préparation rarement atteint dans la région. Elles permettent une intégration fluide entre tournage réel et postproduction numérique, réduisant considérablement les coûts et les délais liés aux effets spéciaux.

Un modèle intégré : ateliers, savoir-faire et autonomie

Au-delà des équipements de prise de vue, les studios ont mis en avant une série d’ateliers spécialisés — confection de costumes, menuiserie, éclairage — qui traduisent une volonté claire d’intégration verticale. Cette approche rompt avec une dépendance historique à des prestataires externes ou à des solutions fragmentées.

Les ateliers de fabrication de décors et de costumes, entièrement opérationnels, offrent une capacité de réponse rapide aux besoins créatifs des productions. Ils constituent également un espace de transmission de savoir-faire techniques, essentiel pour la formation de nouvelles générations de professionnels locaux. Dans cette perspective, la technologie n’est pas seulement un outil, mais un vecteur de structuration durable du secteur.

Un cas d’école : Wlad Rizk 3

La visite a également permis de révéler l’un des plateaux ayant accueilli le tournage du film Wlad Rizk 3. Les responsables des studios ont présenté le studio dans lequel ont été filmées plusieurs séquences majeures, ainsi que les installations de chroma utilisées pour les scènes d’action. Cette démonstration concrète illustre la capacité des studios à accueillir des productions commerciales de grande envergure, nécessitant des dispositifs techniques lourds et une coordination précise entre tournage physique et postproduction.

Le choix de Wlad Rizk 3 comme référence n’est pas anodin. Il symbolise le type de productions régionales capables de mobiliser un large public, tout en exigeant des standards techniques élevés. En accueillant ce tournage, les studios Al Hosn – Big Time se positionnent clairement comme un acteur central de l’industrie audiovisuelle arabe contemporaine.

La technologie comme outil de repositionnement régional

L’ouverture de ces studios s’inscrit dans une stratégie plus large visant à repositionner la région comme un hub de production audiovisuelle. Là où, pendant des décennies, les productions arabes ont dû externaliser certaines étapes clés vers l’Europe ou l’Amérique du Nord, l’émergence de telles infrastructures modifie l’équation économique et logistique.

En concentrant équipements de pointe, compétences techniques et espaces de production sur un même site, les studios Al Hosn – Big Time réduisent les coûts indirects, sécurisent les calendriers de tournage et renforcent l’attractivité de la région pour les coproductions internationales. La technologie devient ici un outil de compétitivité, mais aussi de crédibilité.

Un signal fort pour l’avenir de l’industrie

L’inauguration des studios Al Hosn – Big Time ne doit pas être lue comme un événement isolé, mais comme un signal. Elle traduit une prise de conscience : l’avenir de l’industrie audiovisuelle arabe passe par la maîtrise des outils technologiques, par l’investissement dans des infrastructures lourdes et par la formation de compétences locales capables d’en exploiter tout le potentiel.

Dans un contexte mondial où les plateformes et les grandes productions recherchent des environnements techniques fiables, flexibles et compétitifs, ces studios offrent une réponse concrète aux attentes du marché.

Conclusion

Avec les studios Al Hosn – Big Time, l’industrie audiovisuelle arabe franchit un seuil technologique décisif. Plus qu’un lieu de tournage, il s’agit d’un espace stratégique où se rencontrent innovation, savoir-faire et ambition régionale. En mettant la technologie au cœur de la production, ces studios contribuent à redéfinir la place du monde arabe dans la cartographie mondiale de l’audiovisuel.

Rédaction — Bureau de Riyad