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Cinéma égyptien : trois générations réunies dans la course estivale

Cinéma égyptien : trois générations réunies dans la course estivale

Les salles de cinéma égyptiennes s’apprêtent à accueillir, au cours du mois d’août, trois nouveaux films : « El Sett Lama… Veto », porté par Yousra, « El Gawhargui », avec Mohamed Henedy, et « Mahmoud El Tani », qui marque la première grande tête d’affiche d’Ahmed Bahr. Ces productions rejoignent plusieurs œuvres déjà à l’écran depuis quelques mois, dans une saison où se côtoient comédie, action et préoccupations sociales.

Cette programmation donne au box-office estival une dimension particulière puisqu’elle réunit trois générations d’artistes. Yousra incarne une génération présente au cinéma depuis les années 1970. Mohamed Henedy appartient à la vague comique qui s’est imposée à la fin des années 1990, notamment après le succès de « Saïdi fil Gam’a El Amrikiya ». Ahmed Bahr, quant à lui, représente une nouvelle génération qui cherche encore à consolider sa place sur grand écran.

La compétition ne repose toutefois plus uniquement sur la notoriété des interprètes. Dans un paysage cinématographique en pleine évolution, la force du récit et sa capacité à répondre aux attentes du public sont devenues des critères déterminants.

Le retour de Yousra

Après deux années d’absence, Yousra revient au cinéma avec « El Sett Lama… Veto », une comédie sociale dans laquelle elle interprète Dina El-Kordi, fondatrice d’une campagne baptisée « Veto ».

Le personnage suscite des réactions opposées : certains considèrent son initiative comme une expression de la force et de l’émancipation féminines, tandis que d’autres contestent vivement ses idées. Le film aborde ainsi plusieurs questions liées à la place de la femme, aux rapports sociaux et aux tensions que ces sujets peuvent provoquer au sein de la société.

Yousra partage l’affiche avec Dorra et Yasmine Raeis. Le scénario est signé Mostafa Badawi et Kiro Ayman Fawzy, tandis que la réalisation est assurée par Khaled Abou Gharib.

À travers une approche comique, le film entend ouvrir un espace de réflexion autour de problématiques contemporaines sans adopter le ton d’un discours frontal.

Mohamed Henedy retrouve le grand écran

Trois ans après « Marai El Primo », Mohamed Henedy revient avec « El Gawhargui », une comédie sociale consacrée aux relations familiales et aux difficultés de la vie conjugale, entre mariage, séparation et divorce.

Le film réunit également Mona Zaki, Ahmed El Saadany et Tara Emad. Il est écrit par Omar Taher et réalisé par Islam Khairy.

Ces retrouvailles entre Mohamed Henedy et Mona Zaki, plusieurs années après leurs précédentes collaborations, constituent l’un des principaux arguments du film. La production mise sur leur complicité artistique et sur une forme de comédie inspirée des situations quotidiennes et des tensions pouvant naître au sein d’une famille.

Ahmed Bahr face à sa première grande responsabilité

« Mahmoud El Tani » représente la génération la plus récente de cette compétition estivale. Ahmed Bahr y tient, pour la première fois, le rôle principal d’un long métrage, après plusieurs expériences musicales et artistiques, une apparition remarquée dans « El Harifa » et la série « Bibo », diffusée durant la dernière saison du Ramadan.

Il partage l’affiche avec Ahmed Ghazy et Caroline Azmy. Le film est écrit par Iyad Saleh et réalisé par Abdel Aziz El Naggar.

L’intrigue suit deux hommes portant le même prénom, mais appartenant à des univers sociaux très différents. La rencontre de leurs trajectoires provoque une succession de malentendus, de situations inattendues et de péripéties comiques.

Une diversité favorable au cinéma

Pour le critique égyptien Emad Yousry, la présence de trois générations au cours d’une même saison constitue une évolution favorable à l’ensemble de l’industrie. La diversité des parcours et des sensibilités artistiques devrait naturellement se refléter dans les récits, les styles et les thèmes proposés.

Chaque génération possède ses références, son langage et son public. Cette coexistence permet donc d’élargir l’offre cinématographique et d’éviter que la saison ne repose sur une seule formule ou ne s’adresse qu’à une catégorie précise de spectateurs.

Selon lui, la compétition ne sera pas nécessairement tranchée par la carrière ou la popularité des vedettes, mais par la capacité de chaque film à toucher le public et à lui offrir une expérience convaincante.

La fin du « roi du box-office » ?

Le critique égyptien Samir El-Gamal estime, pour sa part, que le cinéma ne dépend plus entièrement du nom de son interprète principal. Le concept traditionnel de « star du box-office » aurait perdu une partie de son influence face à l’évolution des goûts du public.

Si la diversité générationnelle favorise celle des récits, le film capable de s’adresser directement aux jeunes pourrait disposer d’un avantage commercial important, cette catégorie constituant aujourd’hui une part essentielle du public des salles.

Une présence médiatique régulière ou une forte campagne promotionnelle ne suffisent plus à garantir le succès. Les spectateurs recherchent davantage une histoire originale, une proposition capable d’éveiller leur curiosité et une expérience qui justifie le déplacement au cinéma.

Le scénario demeure le véritable protagoniste

Au cœur de cette course estivale, le scénario reste ainsi le facteur décisif. Pour Emad Yousry, une vedette, aussi populaire soit-elle, ne peut sauver un film dépourvu d’un récit attrayant et d’une intrigue cohérente. À l’inverse, un texte solide peut révéler un jeune interprète et lui ouvrir la voie vers une véritable reconnaissance publique.

Le cinéma égyptien a déjà connu des productions réunissant de grands noms sans obtenir les résultats espérés, tandis que d’autres films, portés par une idée forte et une écriture maîtrisée, sont parvenus à s’imposer auprès du public.

Entre l’expérience de Yousra, la popularité de Mohamed Henedy et l’ambition d’Ahmed Bahr, cette saison ne met donc pas seulement trois générations à l’épreuve. Elle confronte également trois récits et trois visions de la comédie sociale.

Le verdict final appartiendra aux spectateurs, appelés à déterminer lequel de ces films saura le mieux traduire leurs préoccupations et s’imposer au box-office de l’été 2026.

Par la rédaction de PO4OR-Paris

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