Il arrive que certaines figures ne soient pas visibles pour ce qu’elles montrent, mais pour les structures invisibles qu’elles habitent. Dans un monde façonné par les interfaces numériques, la véritable influence ne réside plus uniquement dans la production de contenu, mais dans la compréhension profonde des architectures qui rendent ce contenu possible. Fares Akkad appartient à cette génération de responsables pour lesquels la technologie n’est pas seulement un outil, mais un espace culturel où se négocient les identités, les récits et les formes contemporaines de présence.
À première vue, son rôle au sein de Meta pourrait être résumé par une fonction exécutive classique. Pourtant, réduire son parcours à une position institutionnelle reviendrait à ignorer l’essentiel : la transformation silencieuse du paysage médiatique mondial où la plateforme devient un territoire symbolique, un lieu où l’Orient et l’Occident se rencontrent, se traduisent et parfois se redéfinissent mutuellement. Dans cette géographie numérique, la question centrale n’est plus simplement « qui parle », mais « comment la parole circule ».
Le numérique a déplacé les centres de gravité traditionnels. Là où les médias historiques construisaient une hiérarchie verticale du discours, les plateformes ont introduit une logique horizontale, fluide et mouvante. Habiter cet espace exige une compréhension simultanée des dynamiques technologiques et des sensibilités culturelles. Fares Akkad évolue précisément dans cet interstice : celui où la stratégie technologique devient un acte de médiation culturelle.
Ce positionnement révèle une mutation profonde du leadership contemporain. Être responsable d’une région aussi complexe que le Moyen-Orient et l’Afrique ne consiste plus seulement à gérer des marchés ou à superviser des opérations. Il s’agit d’interpréter des contextes multiples, de comprendre les tensions sociales, les aspirations générationnelles et les transformations narratives qui traversent les sociétés. Le numérique devient alors une langue commune capable de relier des réalités fragmentées.
La plateforme, dans ce sens, cesse d’être un simple support technique pour devenir un espace d’habitation symbolique. Elle organise la visibilité, structure les conversations et influence la manière dont les individus se perçoivent eux-mêmes. Dans cet environnement, le rôle du dirigeant ne se limite pas à optimiser des performances ; il consiste à naviguer dans une écologie complexe où l’innovation technologique rencontre des enjeux culturels profonds.
Le parcours de Fares Akkad s’inscrit dans cette logique d’intersection. Issu d’un contexte marqué par des circulations entre différentes cultures, il incarne une forme de traduction permanente entre des mondes parfois éloignés. Cette capacité à passer d’un univers à l’autre constitue aujourd’hui une compétence centrale. Car la technologie globale ne peut exister sans une compréhension fine des particularités locales.
À mesure que les plateformes numériques redéfinissent les modes d’expression, la notion même d’influence change de nature. Elle ne repose plus uniquement sur la visibilité individuelle, mais sur la capacité à créer des environnements où d’autres voix peuvent émerger. Dans cette perspective, le leadership devient un travail d’architecture invisible : organiser les conditions de possibilité du dialogue plutôt que d’imposer une direction unique.
Le Moyen-Orient représente un laboratoire particulièrement révélateur de ces transformations. Région souvent perçue à travers des récits simplifiés, elle devient aujourd’hui un espace d’expérimentation numérique où les jeunes générations redéfinissent leur rapport à l’identité, à la créativité et à l’économie. La plateforme agit comme un catalyseur, permettant à des histoires auparavant marginalisées d’accéder à une visibilité mondiale.
Cette dynamique implique une responsabilité nouvelle. Car toute infrastructure numérique porte en elle une vision implicite du monde : ce qui est amplifié, ce qui reste invisible, ce qui circule et ce qui disparaît. Naviguer dans cet équilibre nécessite une conscience aiguë des implications sociales et culturelles de la technologie. C’est précisément dans cette zone que se situe la singularité du parcours de Fares Akkad.
Loin de la figure classique du dirigeant technologique centré uniquement sur l’innovation technique, il incarne une approche où la stratégie digitale devient un dialogue entre cultures. Cette posture reflète une évolution plus large : la transformation des entreprises technologiques en acteurs culturels majeurs. Elles ne façonnent plus seulement des outils, mais participent à la construction des imaginaires collectifs.
À travers cette trajectoire, se dessine une question essentielle : comment habiter un espace numérique global sans effacer les singularités locales ? Le défi consiste à préserver la diversité des récits tout en créant une infrastructure capable de connecter des millions d’individus. Cette tension entre universalité et particularité constitue l’un des enjeux centraux de notre époque.
Dans ce contexte, le leadership prend une dimension presque philosophique. Il ne s’agit plus seulement de décider, mais de comprendre les flux invisibles qui traversent la société numérique. Les plateformes deviennent des lieux où se redéfinit la notion même de communauté, où les frontières géographiques perdent de leur rigidité au profit de nouvelles formes d’appartenance.
Fares Akkad apparaît ainsi comme une figure qui habite cette transition. Ni simple technologue, ni uniquement stratège, mais médiateur entre des univers en constante mutation. Son parcours illustre la manière dont la technologie peut devenir un espace de rencontre plutôt qu’un simple vecteur de diffusion.
L’avenir du numérique dans la région MENA dépendra largement de cette capacité à concilier innovation et sens culturel. La technologie seule ne suffit pas ; elle doit être accompagnée d’une vision capable d’anticiper les transformations sociales qu’elle engendre. Dans cette perspective, le rôle du leader consiste à maintenir un équilibre fragile entre croissance, responsabilité et imagination.
Au-delà des titres et des fonctions, ce qui se joue ici relève d’une question plus vaste : qui écrit aujourd’hui le récit du monde numérique ? Les plateformes sont devenues des lieux où se négocie la mémoire collective, où les récits individuels se transforment en mouvements globaux. Habiter cet espace exige une conscience constante de son pouvoir symbolique.
Ainsi, le parcours de Fares Akkad ne peut être compris uniquement à travers la réussite professionnelle. Il représente une manière d’habiter le numérique comme un territoire culturel, un espace où les algorithmes et les identités humaines coexistent dans une tension permanente. Dans cette tension se trouve peut-être l’essence du leadership contemporain : la capacité à transformer une infrastructure technologique en un espace de dialogue.
Car à mesure que le monde devient plus connecté, la véritable question n’est plus celle de la technologie elle-même, mais celle du sens qu’elle produit. Entre Orient et Occident, entre innovation et tradition, le numérique ouvre un espace inédit où se redessine la cartographie du pouvoir symbolique. Et c’est précisément dans cet espace que se situe la trajectoire de Fares Akkad : à la frontière entre la plateforme et le récit, entre l’algorithme et l’humain.
PO4OR-Bureau de Paris