« Avec 2 610 candidatures, la douzième édition du Prix Katara confirme la vitalité du roman arabe et la diversité de ses nouvelles voix, de la littérature jeunesse au roman historique, en passant par la critique contemporaine. »
La Fondation générale du Village culturel du Qatar, Katara, a dévoilé les listes des neuf œuvres sélectionnées dans chacune des principales catégories de la douzième édition du Prix Katara du roman arabe.
Les sélections concernent les romans publiés, les romans non publiés, les romans jeunesse non publiés, les romans historiques non publiés, le roman qatari publié ainsi que les études critiques non publiées. Au total, 45 romans et neuf études critiques restent en lice pour remporter l’une des distinctions du Prix Katara.
Cette douzième édition a enregistré un chiffre inédit de 2 610 candidatures, soit le niveau de participation le plus élevé depuis la création du prix en 2014. Ce record témoigne de l’expansion du concours, mais aussi de la vitalité de la création romanesque et de la recherche critique dans le monde arabe.
Romans publiés : l’Égypte en tête de la sélection
La liste des neuf romans publiés réunit des écrivains originaires de six pays arabes. L’Égypte arrive en tête avec trois œuvres, suivie du Soudan avec deux romans. L’Arabie saoudite, l’Algérie, la Syrie et la Jordanie sont représentées par une œuvre chacune.
Les romans sélectionnés sont « Ma‘doufat al Yawm al Sabi‘ » de Jalal Barjas, Jordanie, « Asha, al Ja‘rân wa al Qamar » de Samar Nour, Égypte, « Majânîn Oum Kalthoum » de Sherif Saleh, Égypte, « Ra’aytu mâ lâ yajûzu lak » de Tarek Eltayeb, Soudan, « Sabdala » d’Abdelkader Al Jassem, Syrie, « Bi khilâf mâ sabaq » d’Ezzat El Kamhawi, Égypte, « Mazâmîr al Tijani » de Mohamed Fetilina, Algérie, « Yadâya lâ tartajifân » de Maha Al Yamani, Arabie saoudite, et « Hisâr al Ghazâla Waw » de Muhannad Rajab Al Dabi, Soudan.
Cette sélection dessine une cartographie littéraire plurielle, dans laquelle les écritures du Levant, du Maghreb, de la vallée du Nil et de la péninsule Arabique se rencontrent autour d’imaginaires, de mémoires et de sensibilités très différents.
Romans non publiés : huit pays représentés
La sélection des romans non publiés se distingue par sa remarquable diversité géographique. Elle réunit des auteurs issus de huit pays arabes. La Palestine y figure avec deux romans, tandis que l’Arabie saoudite, l’Égypte, l’Algérie, le Yémen, la Syrie, la Jordanie et la Tunisie comptent chacun une œuvre.
Ont été retenus « Mûsîqâ janâ’iziyya fî diyâr al ‘ajaza » d’Ihab Nagani, Égypte, « ‘Arch al Rîh » de Hassan Sami, Tunisie, « Qad naltaqî » de Sarah Selini, Algérie, « Madînat al Mâdî » de Samer Mohammad Ismaïl, Syrie, « Al Atlasi, Dustûr min khâtirihi » de Chaker Khalaf Kassem Al Makal, Jordanie, « Al Tasm, Naqch ‘alâ ramâd al mamâlik » de Mohammad Mahmoud Al Chouaya, Yémen, « Al Sawt alladhî lam yablugh hu Ziryab » de Nasser Al Ammari, Arabie saoudite, « Al Mukhayyam » de Nisrine Al Qissi, Palestine, et « Lil mawt yawm âkhar » de Hoda Al Machharawi, Palestine.
Par son ouverture aux manuscrits non encore édités, cette catégorie joue un rôle essentiel dans la découverte de nouvelles voix et dans l’accompagnement d’œuvres qui cherchent encore leur chemin vers le lectorat arabe.
Romans jeunesse : l’Algérie et l’Égypte dominent
La liste des neuf romans jeunesse non publiés rassemble des écrivains de quatre pays. L’Algérie et l’Égypte occupent conjointement la première place avec trois romans chacune, suivies du Maroc avec deux œuvres et du Yémen avec une œuvre.
La sélection comprend « Al Khâla » d’Iman Morsi, Égypte, « Ajniha taksir al zalâm » de Djelloul Rafik, Algérie, « Khayyât Tolga » de Khadidja Telli, Algérie, « Shahrazad fî bilâd al waqwâq » de Mohamed Dadi Addoun, Algérie, « Al Hudhud » de Mohamed Zakaria Abdel Fattah, Égypte, « Nazzâra chamsiyya » de Manal Al Jarrach, Yémen, « Al Walad alladhî anqadhat hu al kutub » de Mounir Al Sarhani, Maroc, « Mamlakat al Hajar » de Hani Al Qott, Égypte, et « Zuqâq al Ghirbâl » de Younès Al Didi, Maroc.
À travers ces œuvres, la littérature destinée aux jeunes lecteurs s’affirme comme un espace d’imagination, de transmission et de construction de la conscience, où le livre devient à la fois refuge, aventure et instrument d’émancipation.
Études critiques : de l’intelligence artificielle à l’écocritique
La catégorie des études critiques non publiées réunit neuf chercheurs originaires de cinq pays arabes. L’Égypte et le Maroc dominent la sélection avec trois études chacun, tandis que la Jordanie, la Palestine et le Yémen sont représentés par une contribution chacun.
Les études retenues sont « Déconstruire l’orientalisme dans le roman historique arabe contemporain : lecture postcoloniale de modèles sélectionnés », de la Dre Asmaa Raafat Alian, Jordanie, « Le roman arabe contemporain à la lumière de la critique génétique : du manuscrit papier au numérique », du Dr El Hassan Aït El Amel, Maroc, « Le roman arabe contemporain et la fascination du cinéma : le roman Masater, Concerto de l’Holocauste et de la Nakba comme modèle », de la Dre Amal Younès Mohammad Irhaim, Palestine, « Le roman arabe au seuil de l’évolution : étude analytique à partir de la terminologie critique classificatoire », du Dr Hamid El Kettani, Maroc, et « Le roman face à lui même : représentations de l’écriture dans le roman marocain », du Dr Abderrahim El Idrissi El Bouzidi, Maroc.
La sélection comprend également « Philosophie de l’image narrative et ses représentations dans le roman Les Carnets du libraire », du Dr Fawzi Ali Souileh, Yémen, « Les récits de l’intelligence artificielle dans le roman arabe : entre fabrication du texte et déconstruction de l’humain », de Mohamed Aboul Kheir Setou, Égypte, « Poétique du document et récits de la transformation : modèles du roman qatari contemporain à la lumière de l’historicisme », de Mahmoud Rabie Samra, Égypte, et « Les représentations de l’environnement dans le roman : lecture écocritique des œuvres de Zahran Al Qasmi », du Dr Mahmoud Farghali Ali Moussa, Égypte.
Cette sélection révèle l’élargissement du champ critique arabe vers des problématiques particulièrement actuelles, telles que l’intelligence artificielle, l’écologie, le postcolonialisme, les archives numériques, les rapports entre cinéma et littérature ainsi que les transformations contemporaines de l’écriture.
Romans historiques : une forte présence égyptienne
La liste des romans historiques non publiés rassemble des écrivains de cinq pays arabes. L’Égypte domine largement avec cinq romans, tandis que l’Algérie, le Maroc, la Tunisie et le Yémen sont représentés par une œuvre chacun.
Les neuf romans sélectionnés sont « Manâbit al Jû‘ » d’Ahmed Amer, Égypte, « Jaber Ibn Hayyan » d’Ahmed Mohammad Al Mahfali, Yémen, « Hîna yuzlim al ‘âlam » d’Ahmed Mohammad Aboul Naga, Égypte, « Hîna takallama al nâjî mâ bayna al siffatayn » de Bachir Touhami, Algérie, « Al Beyya Qamar, Akalat ru’ûs Bayât Tûnis » de Khadidja Toumi, Tunisie, « Yuya » de Sameh Ali, Égypte, « Avant l’aube : les hommes de l’ombre, Le Caire 1941 » de Sabri Mohammad Amin, Égypte, « Awlâd al Walî » d’Abdelali Alami, Maroc, et « Ghurûb al Kazar » de Noha Fahim, Égypte.
À travers ces récits, l’histoire ne se présente pas comme un simple décor, mais comme une matière vivante que les romanciers interrogent, recomposent et confrontent aux enjeux du présent.
Un seul lauréat pour le roman qatari
Dans la catégorie du roman qatari publié, onze œuvres ont été soumises au jury. Une seule sera choisie pour recevoir le prix de cette douzième édition.
En réunissant des œuvres venues de nombreux territoires arabes et en ouvrant ses catégories aussi bien à la création qu’à la recherche critique, le Prix Katara du roman arabe consolide sa place parmi les rendez vous littéraires majeurs de la région. Le record de participation enregistré cette année ne traduit pas seulement l’attractivité croissante du prix. Il révèle également un paysage romanesque arabe en mouvement, porté par la pluralité de ses mémoires, de ses langues narratives et de ses questionnements contemporains.